Exposition Robert Souvigny au château de Trousse Barrière

Robert Souvigny:

Sa vie:

Robert Souvigny et son épouse Anne-Marie sont nés à Briare en 1910. Chacun enfant unique et issu de familles de condition très modeste, ils se marient à l’âge de 21 ans. Ils auront une seule fille, Noëlle. Ils disparaîtront l’un et l’autre dans un accident de la route en 1966.

Noëlle et ses deux fils ont fait don des œuvres de Robert Souvigny à la ville de Briare.

Anne-marie était institutrice puis directrice de l’école communale. Robert, comme beaucoup de Briarois, commence comme apprenti à la Manufacture Bapterosses. Il y apprend le dessin industriel, devient chef du bureau d’études, puis quitte cette entreprise pour devenir ingénieur à la Compagnie Industrielle du Jouet.

Le couple est très actif dans la vie de la commune, notamment dans les sports : tennis, gymnastique. Robert est également clarinettiste et chef de l’orchestre municipal.

Quand la guerre arrive, Robert est fait prisonnier. La maison, rue de la Plaine, qu’il a construite de ses mains, est occupée par un officier allemand qui croise respectueusement Anne-Marie et salue la photo en militaire de Robert. Anne-Marie change les noms des élèves juifs sur les listes de l’école.

Jusque là, une vie similaire à celle de beaucoup de Briarois d’une époque qui ne connaissait ni télévision, ni réseaux sociaux.

Son oeuvre:

Mais Robert Souvigny est aussi, et surtout, un artiste autodidacte. Il s’initie au dessin avec l’aide d’un artiste du nom de Louis Charve, puis commence la sculpture ; il s’essaie au plâtre, au ciment, au bronze avant de trouver sa vocation de sculpteur sur bois, une technique particulièrement ardue car la matière ne peut qu’être ôtée, et jamais ajoutée.

Dans sa vie, trop tôt interrompue, il va produire plus de deux cents œuvres, dont un certain nombre sont monumentales. Certaines sont en l’église de Briare, comme un Saint Louis, un saint Roch et une puissante descente de croix, ou un saint Séverin à l’église de Château-Landon, et un saint Vincent à Orléans. D’autres sont exposées au château de Trousse-Barrière.

Deux œuvres de grande dimension, particulièrement remarquables, se trouvent à l’abbaye du Bec Hellouin, en Normandie.

Pour la petite histoire elles avaient été commandées pour une chapelle proche de la basilique de Saint Benoît sur Loire.

Robert Souvigny raconte : « Je me rendis à Saint Benoît pour y rencontrer le Père Marianus (le prieur du monastère), ce jour-là Max Jacob m’ouvrit la porte. Influencé par le père Marianus, je décidais de donner son visage à mon Saint Benoît. Le jour où je livrais mes statues, tout le monde reconnu le Père Marianus ». Les statues disparurent pour une longue période et ne furent retrouvées qu’après la disparition de Robert et Anne-Marie.

Elles avaient trouvé leur place, dans la chapelle du Bec Hellouin, où leur hauteur correspondait parfaitement à celle du bâtiment. Elles y sont toujours visibles.

Quand il obtient le Grand prix de Paris au salon d’art moderne, en 1962, pour Paternité, cet homme secret accorde un rare entretien. Il déclare : « je réalise surtout un musée personnel, pour mon plaisir et uniquement pour cela ». Il est d’ailleurs notable que toutes les oeuvres qui portent un titre, ont un nom qui commence par la lettre S, comme le nom Souvigny : surprise, souillon, sablier, silence, source…

Grand admirateur de Rodin, il n’appartient à aucun mouvement ou école mais déclare « Il faut toujours s’entourer de conseils. Ce que vous croyez être une véritable œuvre devient parfois un simple essai lorsqu’un autre sculpteur vous donne sa façon de penser, de voir… Malgré cela, je conserve ce goût personnel et particulier qui donne sa valeur au personnage que je fais naître sous mon ciseau. »

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